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La transat de Luliwa ! (14-26 Janvier 2025)

 14 Janvier 2025 – Départ de Mindelo, Cap Vert

Le grand départ ! À 16h, Luliwa largue les amarres de la marina de Mindelo, cap sur la Barbade. À bord, l’équipage est au complet : Manolo, Sophie, Yann, Aude, Thierry et Garance, prêts à traverser l’Atlantique ensemble.



Alors que nous longeons encore l’île de Santo Antão, le premier apéritif est servi sous un magnifique coucher de soleil. Yann nous fait découvrir une caïpirinha à base de cachaça brésilienne qu’il maîtrise à la perfection. Sophie a préparé un dîner réconfortant : un rougail saucisse accompagné de riz. Pendant le repas, nous organisons les quarts de nuit : Manolo et Sophie prennent le premier (21h-00h), suivis de Yann et Garance (00h-03h), puis Aude et Thierry (03h-06h).

Les premières heures de navigation sont calmes, le vent tombe légèrement. Manolo et Sophie en profitent pour regarder un film coréen avant de se reposer. Pendant ce temps, les autres veillent sous une pleine lune qui éclaire la houle et l’horizon, créant un paysage presque irréel. L’excitation est encore palpable à bord : chacun réalise que nous venons d’entrer dans l’une des plus grandes étapes de notre voyage.


15 Janvier 2025 – 1ère Journée en Mer

La nuit a été belle et rythmée par les quarts de veille sous la lune éclatante. Garance et Yann ont eu la surprise d’être rejoints par un groupe de dauphins qui ont joué à l’étrave pendant une vingtaine de minutes, un spectacle fascinant sous les reflets argentés de la mer.

Au petit matin, nous avons déjà parcouru 100 milles nautiques. Le vent souffle à 10 nœuds au grand largue et nous avançons à une bonne vitesse de 7 à 8 nœuds. En milieu de matinée, la pêche nous réserve une belle surprise : deux magnifiques dorades coryphènes mordent à l’hameçon. Thierry, avec sa précision habituelle, les nettoie rapidement et Garance prépare un ceviche savoureux avec du citron vert et des oignons frais. Le tout est accompagné du délicieux pain à l’anis offert par Claudia, notre voisine de ponton à Mindelo. Un vrai festin !

L’après-midi est calme, ponctuée d’une séance d’étirements sur le trampoline avant que Yann ne se plonge dans des calculs de navigation complexes : vitesse du bateau, angle apparent du vent… un vrai casse-tête qui passionne nos marins mathématiciens. Certains profitent du calme pour lire, d’autres pour rêvasser en regardant la mer infinie qui nous entoure.

À 16h30, nous activons Starlink pour envoyer des nouvelles aux proches et vérifier les positions des concurrents du Vendée Globe, que nous espérons croiser dans les prochaines 24 heures.

La nuit venue, Aude et Thierry prennent leur quart entre 3h et 6h. La navigation est plus stable que la veille, et le pilote automatique fonctionne bien malgré quelques variations du vent sous les petits nuages. Le ciel dégagé et la température douce rendent cette nuit de veille particulièrement agréable. Seuls au milieu de l’Atlantique, nous profitons de ces instants privilégiés où le monde semble suspendu.

Bilan de la journée : 170 milles parcourus en 24 heures et une belle routine qui s’installe à bord. L’aventure ne fait que commencer !



17 Janvier 2025 – Visiteur Inattendu

Aujourd’hui, place aux images ! La nuit, d’abord, avec ses cieux étoilés dénués de toute pollution lumineuse. La Lune éclaire le mât et la grand-voile, dessinant des silhouettes spectaculaires contre Orion, Jupiter et Mars. Luliwa file à plus de 10 nœuds, porté par une houle bien formée.

Le matin, le petit-déjeuner est pris à plusieurs, mais sans les lignes de pêche à l’eau : nous avançons trop vite pour espérer une prise. Un voilier croise notre route à l’horizon, un simple flocon blanc sur l’immensité bleue.

Le clou du spectacle survient l’après-midi : un cétacé solitaire, probablement un petit rorqual de 5 à 6 mètres, vient jouer autour du bateau pendant une demi-heure. Il surfe nos vagues d’étrave, plonge sous la coque, et dévoile parfois son ventre blanc et sa large nageoire caudale. Un moment magique que personne ne voulait voir s’achever.

Le vent continue de souffler, la houle atteint 2m40, et la navigation reste exigeante. Nous progressons à 7,9 nœuds de moyenne, avec 198 milles parcourus en 24 heures. La traversée se poursuit dans un décor grandiose et changeant.




18 Janvier 2025 – Record de vitesse

Nous allons vite : 203 milles nautiques en 24h, record battu pour Luliwa ! Cela représente environ 376 km, avec une moyenne de 8,5 nœuds, soit plus de 15 km/h. C’est rapide pour un voilier !

Pas de temps pour le bronzage aujourd’hui. Nous enchaînons quelques grains, certains nous forçant à prendre un deuxième ris dans la grand-voile pour réduire la surface de toile. La houle, haute de 2,5 mètres, offre un spectacle fascinant. La traversée, avec son absence de distractions numériques et son rythme contemplatif, est propice à l’introspection et à l’apprentissage.

De son côté, Aude note que le dimanche rime avec détente et rituels : rasage pour certains, stretching et méditation pour d’autres, avant de savourer un pastis en regardant les belles vagues sur lesquelles Luliwa surfe. Une pluie tropicale s’invite dans l’après-midi, apportant avec elle un vent qui grimpe jusqu’à 30 nœuds. Anticipation et prudence sont de mise pour réduire la voilure avant l’arrivée du grain. La journée est également marquée par les inévitables tâches d’entretien du bord : éponger les entrées d’eau au niveau des hublots et comparer nos efforts à ceux des marins du Vendée Globe, dont nous suivons les positions avec admiration.

Sophie, quant à elle, évoque un véritable festival de sargasses – ces algues vert-kaki flottantes, omniprésentes aujourd’hui. Dommage, elles ne sont pas comestibles, et nous n’avons plus de salade à bord ! Pas d’inquiétude pour autant, car Yann se lance dans la préparation d’une feijoada brésilienne, un plat mijoté à base de viande de porc et de haricots noirs, héritage de l’époque esclavagiste. L’élaboration commence par un dessalage de la viande qui durera 24 heures, avant l’étape de cuisson proprement dite.

Côté navigation, les grains rythment notre avancée. Nous prenons et relâchons le deuxième ris à plusieurs reprises, selon les sautes du vent. À bord, la routine s’installe entre la surveillance de la météo, les jeux de société et les discussions animées. La houle, bien formée, rend les exercices de gym plus compliqués, mais personne ne se plaint : nous avançons vite, nous progressons bien, et la Barbade se rapproche chaque jour un peu plus.




19 Janvier 2025 – 6ᵉ Jour de Transat : Première Feijoada

Nous sommes officiellement à mi-parcours de notre transatlantique ! Un cap symbolique que nous célébrons avec un plat brésilien emblématique : la feijoada, concoctée par Yann. Les haricots noirs mijotent lentement avec plusieurs types de viande de porc, répandant une délicieuse odeur d’épices et d’oignons à travers le bateau.

Pendant que le plat mijote, Emmanuel et Thierry s’attellent à une réparation essentielle : une épissure sur l’écoute de grand-voile. Aude et Sophie profitent d’un moment plus calme pour quelques étirements sur le pont. La mer reste animée avec une houle bien formée, mais nous progressons rapidement : 196 milles parcourus en 24h, à une moyenne de 8,1 nœuds.

Le midi, en attendant le dîner festif, nous nous offrons une fondue de fruits au chocolat. Et ce soir, place à la feijoada, accompagnée de riz et de farofa. Nous savourons ce moment en songeant aux miles qu’il nous reste à parcourir, tout en espérant que la seconde partie de notre traversée soit aussi rapide que la première.




20 Janvier 2025 – 7ᵉ Jour de Transat : Dégustation de Rhums

La feijoada d’hier a été un succès, et il en reste même un peu pour ce midi. Après ce festin, nous avons prolongé la soirée avec une dégustation de rhums : le Santa Teresa, venu du Venezuela, et le Kraken, un rhum épicé plus corsé. Une comparaison s’imposait, agrémentée de quelques carrés de chocolat. Résultat : une légère gueule de bois pour certains au réveil !

La lune, désormais à son dernier quartier, se lève tard et laisse place à un ciel noir scintillant de mille feux. On ne s’en lasse pas…

À l’aube, des dauphins jouent dans l’étrave, un spectacle que certains ont la chance d’apercevoir pendant le petit-déjeuner. Nous avançons toujours à bon rythme avec une moyenne de 8 nœuds et 193 milles parcourus en 24 heures. Il reste 840 milles avant la Barbade. L’excitation grandit à bord !



21 Janvier 2025 – 8ᵉ Jour de Transat : Coup de Vent dans la Nuit

La nuit a été rude, marquée par une succession de grains violents. Le vent s’est renforcé jusqu’à plus de 40 nœuds, soulevant une houle impressionnante de plusieurs mètres. Luliwa a dû composer avec ces éléments, surfant sur des vagues imposantes, parfois à plus de 16 nœuds. Les manœuvres se sont enchaînées : prise de ris, réduction du foc, et un troisième ris nécessaire après la rupture d’une bosse. L’équipage, bien que trempé et fatigué, a fait preuve d’une grande coordination.

Les bruits du bateau, les paquets de mer et la tension du vent rendaient le sommeil presque impossible. Certains ont trouvé refuge dans leur couchette, bercés par un roulis chaotique, d’autres sont restés en veille pour assurer la sécurité de tous. Malgré la violence des éléments, Luliwa a tenu bon, prouvant une fois de plus sa robustesse et sa capacité à encaisser les coups de boutoir de l’Atlantique.

À l’aube, le ciel s’éclaircit peu à peu. Le vent souffle toujours fort, mais les grains s’espacent. L’océan, encore tourmenté, offre un spectacle hypnotisant de murs d’eau sculptés par la lumière matinale. Un arc-en-ciel se dessine à l’horizon, comme un clin d’œil apaisant après la nuit agitée. Sophie, remise de son blocage de dos, prépare des crêpes pour réconforter l’équipage, qui retrouve peu à peu son énergie.

Statistiques du jour : 195 milles parcourus à 8 nœuds. L’arrivée en approche semble encore lointaine, mais chaque mille nous rapproche du but.



22 Janvier 2025 – 9ᵉ Journée de Transat : Tranquillité et Podcasts

Les dernières 24h furent plus calmes que les précédentes. Les gros nuages porteurs de grains sont partis, le soleil est revenu. Le vent continue de souffler mais est plus régulier. La houle commence à dégrossir. La nuit fut très belle, avec ses milliers d’étoiles. On a aperçu les lumières d’un autre voilier passant de bâbord sur tribord.

La matinée n’a été troublée que par la casse d’une autre bosse de ris – décidément. Pendant le quart de Thierry – décidément aussi. On a pu réparer relativement facilement. Faute de 2ᵉ ris, on avance sous génois et voile réduite au 3ᵉ ris. Pas trop grave, ça avance déjà très bien.

Yann profite des quarts de nuit pour écouter des podcasts de France Inter téléchargés à l’avance, notamment la série Naufragés - une histoire vraie. Un choix qui pourrait paraître étonnant vues les circonstances… mais qui ajoute un peu de piquant à la traversée.

Statistiques : 169 miles parcourus à 7 nœuds de moyenne. Arrivée prévue le 26 janvier à 18h à la Barbade.

Observation : Nous commençons à croiser plus de bateaux, signe que nous approchons des Caraïbes. Une vigilance accrue est de mise après huit jours sans voir âme qui vive.




23 Janvier 2025 – 10ème Jour de Transat : on entame le dernier bord

Ce matin, nous avons empanné une dernière fois pour faire route directe vers la Barbade. Avec cette bonne orientation, nous ne devrions plus avoir à changer d’amure jusqu’à l’arrivée prévue dans deux jours. L’envie de poser le pied sur terre se fait sentir, surtout pour Yann et Sophie qui rêvent déjà de longues foulées sur la plage.

La mer est toujours agitée avec une houle bien marquée, et nous avançons sous grand-voile à 2 ris et foc, parfois alterné avec le génois. Quelques grains passagers viennent rafraîchir l’ambiance, mais le vent reste stable autour de 15 nœuds. Manolo, toujours en quête d’optimisation, a entrepris une réparation de la bosse de ris défectueuse, nous permettant de renvoyer plus de voile et de maintenir une bonne vitesse moyenne de 7,8 nœuds. Nous avons parcouru 189 milles en 24h.

À bord, chacun s’occupe : lecture, podcasts, discussions stratégiques sur la navigation ou encore cuisine. Sophie a préparé un gâteau au rhum-raisins pendant que Yann réchauffait une nouvelle fournée de feijoada. L’équipage commence à ressentir la fatigue et l’impatience grandit. L’arrivée est proche, et l’idée de troquer les mouvements constants du bateau contre une plage immobile devient de plus en plus séduisante.

Encore 48 heures avant la Barbade, l’excitation monte !



24 Janvier 2025 – La Soirée du Capitaine

Hier soir, c’était la grande « soirée du Capitaine » ! Une célébration anticipée de l’arrivée prochaine à terre, une manière de marquer le coup après tant de jours en mer. La playlist française a résonné sous le bimini : Alain Chamfort, Polnareff, Christophe, Sardou… tous étaient de la partie. Chacun y allait de son interprétation, rivalisant de puissance vocale pour couvrir le bruit du vent et des vagues. Pas de Johnny, mais ce n’est pas passé loin !

Pour le dîner de gala, Yann avait préparé une feijoada, parfaite pour tenir jusqu’au bout de la nuit. À peine le temps de digérer que la nature nous offrait un spectacle féerique : de nombreuses étoiles filantes zébraient le ciel nocturne, sous l’œil bienveillant de la lune.

Au petit matin, réveil en fanfare avec le cri du moulinet : un thazard de plus de 80 cm s’était laissé tenter par notre ligne. Thierry, tel un chef étoilé des mers, s’attelait déjà à lever de généreux filets destinés à un ceviche frais pour le déjeuner et un ragoût pour le dîner. Le bateau filait bon train avec 189 milles parcourus en 24h. Entre grains épars et éclaircies, la journée se poursuivait dans une atmosphère joyeuse et impatiente… encore un dernier effort avant la terre ferme !



25 Janvier 2025 – Terre en Vue !

L’événement du jour : la terre apparaît à l’horizon pour la première fois depuis le Cap-Vert ! 🎉 En plein déjeuner, alors que Sophie nous régale d’un gratin de butternut, Garance pousse un cri : « Terre en vue ! ». À l’avant du bateau, tout l’équipage se presse pour apercevoir la Barbade, encore lointaine mais bien visible.

La nuit précédente a été intense, marquée par des grains musclés et un vent puissant, avec des rafales dépassant les 30 nœuds. Les vagues nous propulsaient régulièrement au-delà des 15 nœuds, avec des pointes à 19 nœuds, offrant des sensations fortes à chaque surf dans l’obscurité.

Le matin, des dauphins sont venus nous saluer une dernière fois. Nous avons profité des averses passagères pour une douche improvisée sur le pont – une séance de « Tahiti douche » mémorable, sans photos compromettantes !

L’arrivée approche : il reste 50 milles à parcourir. À bord, l’excitation monte. Nous atteindrons la Barbade ce soir, après le coucher du soleil, et jetterons l’ancre pour notre première nuit au mouillage. Un apéritif festif nous attend pour célébrer cette incroyable traversée !

Les dernières statistiques : 195 milles parcourus en 24h, une vitesse moyenne de 8,1 nœuds, et une pointe à 18,6 nœuds… Une fin de transat en beauté !



26 Janvier 2025 – Au mouillage à Bridgetown, Barbade

À 19h45, après 12 jours et 6 heures en mer, nous nous accrochons à un corps-mort dans la baie de Carlisle, marquant officiellement la fin de notre transatlantique. Yann célèbre l’instant avec une caïpirinha, tandis que nous vidons les derniers restes du frigo. Une tentative de débarquement pour aller boire un verre échoue faute de pouvoir sécuriser l’annexe. Qu’importe, demain est un autre jour.

Au matin, un jogging dans les rues et sur les plages de Bridgetown nous rappelle à nos muscles engourdis par la mer. Pendant ce temps, une partie de l’équipage part accomplir les formalités d’entrée sur l’île. L’après-midi est plus détendue avec une session de wing-foil, avant qu’un dîner bien mérité au restaurant ne vienne conclure cette étape mémorable de notre voyage.



 
 
 

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